RÉCIT DE VOYAGE ❥ Fakarava et sa bande de requins

Dernière île Polynésienne visitée : Fakarava, plus communément appelée … l’île aux requins. Alors, qu’on se mette tout de suite d’accord, je savais qu’il fallait absolument que je fasse de la plongée en Polynésie (sinon où en faire me direz-vous ?), je savais aussi que ça m’aiderait à surpasser ma peur de l’eau, où plutôt ma peur de ce qui se trouve dans l’eau ! Mais de là à aller sur une île INFESTEE (oui oui c’est bien ça infestée) de requins ! NON, je n’en avais pas conscience. On me l’a plutôt vendu comme une île « du bout du monde » (vrai), très sauvage et naturelle (vrai) où on peut avoir l’occasion en plongeant de voir des requins (faux, on en voit même quand on est pas dans l’eau, même à 4m de la plage, et même en mangeant au restaurant au bord de l’eau ^^). Voilà je vais vous raconter un peu comment j’ai réussi à me mettre à l’eau pour mon baptême de plongée en sachant que je croiserai forcément des requins … Take care, they are here !!!! (avec la petite musique des dents de la mer).

Nous arrivons donc à Fakarava, juste après avoir survolé des atolls plus magnifiques les uns que les autres et après un petit changement d’avion à Rangiroa. En arrivant à l’aéroport, on se rend très vite compte qu’effectivement on est bien au BOUT DU MONDE (façon de parler un !). L’aéroport (ou plutôt la piste d’atterrissage) est minuscule et la déserte des bagages se fait quasiment en bas de l’avion. Très peu de voyageurs viennent visiter Fakarava et ça nous plait beaucoup ça ! Nous avions réservé dans une pension de famille qui propose des bungalows sur la plage (le pied). Nous mettons 15 minutes pour traverser l’atoll (c’est vraiment tout petit) et arrivons à bon port. Nous faisons connaissance avec Hugo (l’un des 2 frères gérant la pension) qui est quelqu’un de généreux et vraiment trop canon passionné par son environnement. C’est un plaisir de discuter avec lui. Nous rencontrons ensuite Mateata (son frère) tout aussi canon sympa ! Ils nous parlent des perles qu’ils cultivent et qu’ils vendent, de la pension et de son histoire et de Fakarava bien évidemment.

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava12

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava21

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava4

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava10

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava15 Nous découvrons notre petite cabane au bord l’eau. Et même s’il y a des fourmis un peu partout, la chambre est propre, très bien aménagée et décorée avec goût. Et là on se sent vraiment seuls au bout du monde. il faut savoir que la pension Havaïki n’a que 16 logements. Ce qui limite pas mal le nombre de personnes que l’on peut croiser chaque jour.

En découvrant le lieu, nous nous rendons au bout du ponton qui surplombe l’eau bleu turquoise et translucide. Il y a pleins de beaux poissons colorés (vraiment plus qu’à Moorea et Bora Bora). On sent bien qu’on est dans un endroit naturel, protégé et bien loin des zones touristiques. En parlant d’environnement protégé, je ne vous en ai pas parlé jusqu’à présent mais la protection de l’environnement est une initiative très présente en Polynésie Française. Des indications, notices, rappels sont affichés un peu partout pour nous rappeler d’éviter de polluer cet environnement si beau et fragile. Certaines personnes n’hésitent pas à dire quel comportement avoir avec les déchets, la consommation d’eau, etc. On sent bien que les Polynésiens sont fiers de leurs beaux paysages et fonds marins et qu’ils se soucient de leurs santés.

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava17

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava6

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava16

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava30

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava25

Et comme je vous le disais au début de ce billet, nous avons réaliser notre baptême de plongée (baptême pour moi mais plutôt 2ème fois pour Mister S.). Nous allons revenir un petit peu en arrière pour que je vous fasse ressentir mon mal-être au moment de plonger. Nous sommes donc la veille et déjà, alors que tranquillement installée dans mon transat, livre dans le main et paire de lunettes sur le nez, que je sens grandir en moi un sentiment de douce panique. Comme une sorte de « hummm quelque-chose d’inconvénient approche mais bon ce n’est pas pour maintenant ouf ! ». Et puis, arrive le moment du dîner, où nous rencontrons des gens et où nous parlons de tout, de rien mais surtout de leurs raisons de venir visiter Fakarava. Et là, à la quasi-unanimité toutes les personnes présentes autour de nous, nous disent qu’elles sont venues à Fakarava pour plonger avec les requins ! La chute commence … l’angoisse grandit en moi … finalement, demain c’est dans pas si longtemps que ça … et si j’en rencontre un ? Et si, j’en vois avant de me jeter à l’eau, j’y vais ? J’y vais pas ? Vais-je être tétanisée ? Toutes ces questions m’ont hanté toute la soirée, toute la nuit. J’ai eu un mal de ventre atroce tellement j’étais stressée ! Le moment fatidique arrive, et avant même que je ne m’en soit rendue compte, je suis en tenue de plongée, bouteille au dos, prête à sauter. Le point rassurant : c’est désert, pas un requin (même pas un aileron) à l’horizon. Mister S. (d’habitude beaucoup plus angoissé que moi) se jette à l’eau le premier, quelques tests de masque et une descente après c’est mon tour ! Je saute (sans hésitation, sans à-priori). De toute façon, l’eau est très claire, je les verrai arriver me dis-je. Une fois dans l’eau, je fais mes tests de masque et on commence la descente. Mais je suis beaucoup trop stressée ! Je remonte !!! (ça n’a dû arriver qu’à moi j’en suis sûre). Le masque ne convient pas à ma tête, l’eau s’y engouffre et plus j’essaye plus je stresse. Au passage j’ai eu l’occasion de jeter un regard vers l’immensité sous-marine et les fonds marins (7-8 mètres plus bas) et cela ne me rassure pas !!! Ils pourraient arriver d’un moment à l’autre sans que je m’en aperçoive. C’est un échec, je remonte sur le bâteau pour que Mister S. puisse faire sa découverte tranquillement. 45 minutes plus tard (ou moins je ne sais plus trop) Mister S. refait surface avec le moniteur de plongée, tout deux ravis de cette session. Je me dis que bon au moins je n’ai pas gâché la journée de Mister S. Mais le moniteur ne veut pas s’avouer vaincu. Nous récupérons des plongeurs de niveaux avancés au niveau de la passe vers l’océan puis on nous emmène dans une mer bleu turquoise (beaucoup plus rassurante que la première). Le moniteur me dit qu’il ne faut surtout pas que je reste sur un échec, sinon je n’en referais plus jamais. Nous y retournons donc, il me met à l’aise, me fais faire la planche sur le dos pour me détendre (avec les autres qui rigolaient bien de la situation). Puis, nous descendons … et ça marche !!! J’y suis ça y est, j’arrive à respirer avec ma bouteille, je coule tout doucement, mon masque ne se rempli pas d’eau et lorsqu’il le fait j’arrive à le vider. Et là … j’ai vraiment pris mon pied ! Du sable, du corail orange / rose et des milliers de poissons de toutes les couleurs. Des gros, des petits, des minuscules et des … requins !!!!! Oui voilà je peux dire que je l’ai fait, j’ai pu observer qu’un requin à pointe noire nageait juste au-dessus de moi depuis le début. Il devait mesurer 2,50 mètres je pense. J’ai eu très peur au début et le moniteur m’a rassuré en me serrant la main et en me guidant. Une fois sortie de l’eau, je suis émerveillée ET choquée (j’ai nagé à côté d’un requin !!!). Le moniteur m’a ensuite avoué qu’un autre requin nourrice, beaucoup plus gros cette fois, était derrière nous depuis le début, mais que je ne m’en suis pas aperçu et que c’est tant mieux.

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava3

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava9

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava5

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava18

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava32

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava7

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava20

Après cette journée d’émotions, nous avons ensuite profité de notre bungalow, d’une bonne douche, d’un succulent repas proposé par la pension et surtout d’une bonne nuit de sommeil. Le lendemain nous avions une petite activité organisée par Hugo : la loterie des perles. Le concept : Hugo nous explique la méthode pour la fabrication des perles dans les fermes perlières, qu’il fallait des années pour faire une perle et que dans la majorité des cas les huîtres ne font pas de jolies perles rondes roses mais des keshis (sortes de cailloux en nacre). Nous avons également appris comment forcer une huître à fabriquer une perle : il faut y insérer une petite bille naturelle, afin que l’huître la recouvre de nacre. Et que les perles naturellement produites par les huîtres sont très rares. Nous avons ensuite participé à la loterie : nous devions choisir chacun 1 (ou plusieurs) huîtres et Hugo les ouvraient pour nous montrer notre lot gagnant ! Nous avons acheté 3 huîtres et avons eu 3 jolies perles. Une blanche et ronde, une blanche en forme de poire et une grosse rose pâle et ronde.

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava14

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava1

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava2


gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava33

Fakarava nous a enchanté et reposé. Un voyage au cœur de la nature et des traditions polynésiennes. Finalement, je ne regrette pas du tout notre séjour là-bas. C’est avec joie que j’ai pu découvrir le monde sous-marin, et faire face à ma pire frayeur. J’en suis sortie plus sereine vis-à-vis de la mer et de ce qui s’y cache … En dehors de la session plongée, j’ai beaucoup aimé me retrouver perdue sur une île quasi-vide et avec des gens vivant simplement et en harmonie avec la nature. Mais la chose qui m’a le plus marqué à Fakarava c’est à quel point la vie est paisible, cool, détente. J’ai rarement rencontrer des gens aussi détendu qu’à Fakarava (même dans le sud de la France et en Guadeloupe). Ca donne envie hein ? Mais je pense qu’en tant que « parisienne » (depuis 10 ans de vie à Paris, je pense que ça y est je peux me considérer comme une vraie parisienne, ouille …) j’aurai quand même beaucoup de mal à faire ma vie là-bas. Mais qui sait peut-être qu’un jour moi aussi j’irai ouvrir ma Pension Gwenaïki à l’autre bout de monde.

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava8

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava29

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava11

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava24

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava34

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava23

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava28

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava27

gwennosekai-récit voyage-polynésiefrancaise-fakarava19

Et vous mes chibis, vous avez des rêves d’éloignement, de changement de vie ? Avez-vous déjà eu l’occasion de partir dans un endroit, si reculé et si loin que vous vous sentiez juste bien ?

♡ ♡ ♡

 

Laisser un commentaire